CokecinL / Tatouage
CokecinL / Tatouage

Ma vision du tatouage

« Sa peau était tâchée.
Parsemée d’encre ici et là. Quelques bleus entre chaque dessin, comme la ponctuation de leurs récits. Parce qu’ils racontaient tous tellement de choses, ses tatouages.

[...]

« Tu vois, tous mes tatouages là ? Ils sont tous le symbole d’une initiation… Tu connais le « Kintsugi » ? C’est un truc des japonais. Ils réparent les bols cassés.
Pis au lieu de planquer la réparation pour faire comme si de rien, ils la mettent en évidence en saupoudrant la colle de poudre d’or.
Résultat : chaque cassure est visible, même presque elle attire encore plus l’œil que le reste. C’est mettre en valeur l’histoire de l’objet, quoi.
C’est comme réparer ses blessures avec de l’art et, au lieu de les nier, les mettre au cœur de notre processus de vie, tu vois ?
Parce que, clairement, nous sommes la somme des événements de nos vies, les ravaler et les nier, c’est carrément pas sain, je trouve. Alors que les alchimiser et en faire quelque chose de constructif, c’est tellement mieux.
Je n’irais pas jusqu’à remercier mes bourreaux, faut pas déconner, mais ils font parti du processus de qui je suis maintenant. Dans l’idée.
Je suis hypersensible d’autant plus à cause d’eux, sûrement aussi avant, mais j’ai choisi de ne pas m’effondrer sous le poids de tout mais plutôt de m’en servir. Pour être plus forte. Pour créer des choses. Pour comprendre…
Alors voilà, jsuis pas un putain de bol, alors me recoller les morceaux à l’or, c’était pas adapté… Mais mes cicatrices internes, j’avais quand même envie de m’en servir, et de les passer de l’abstrait au concret.
Au début, j’ai eu envie d’ en faire des vraies, de cicatrices, avec l’automutilation comme ils appellent ça. Ça m’a fait du bien un temps, mais c’était quand même pas très joli.
Et puis, le tatouage s’est imposé tout seul.

La douleur du processus, comme elle fait un bien fou ! Elle rend concrète celle du dedans, comme la gueule de bois des lendemains de noyade anesthésiante.

Le résultat est magnifique, il sert à quelque chose, il amène du positif. Et comme pour chaque obstacle traumatique, c’est à vie. Trop parfait. 

[…]

C’est basique, presque, pour moi, maintenant, c’est accepté, intégré, digéré, encré... » »

Extrait de « Kaléidoscope »

 

Je pense que ce texte résume bien ma vision…

A ça je rajoute que bien sûr que le tatouage n'est pas toujours aussi teinté de drama... Il peut aussi servir à célébrer du positif, s'encrer (s'ancrer) physiquement une notion importante dans notre vie, il y a tellement de raisons qui peuvent nous pousser à passer la porte d'un shop.

Je crois qu'alors pendant tout le processus nous ne sommes pas si éloignés d’une séance d’art-thérapie. Il n’y a qu’à voir comme découvrir le motif final à tatouer peut être euphorisant… Même quand celui-ci n’est pas censé être autre chose qu’un ornement esthétique, c’est toujours plus profond, que l’on soit épanouie dans sa peau ou pas, il est question de la marquer à vie.

Et puis il y a cette notion de torture mêlée à la délicatesse… Comme le tout, lié dans l’art, force le corps a vous shooter d’endorphines parfois jusqu’à l’épuisement. C’est intense et définitif. Un acte intemporel qui célèbre la beauté éphémère du corps.

 

Pour la technique, ma formation de peintre me fait plus tendre vers la couleur et les nuances… J’aime n’utiliser que peu d’encres différentes pour pouvoir faire moi-même mes mélanges et créer alors une couleur qui sera aussi unique que votre tatouage. Il n’y a pas possibilité de faire de ces créations colorimétriques une science exacte, j’aime l’humilité que nous impose cette idée.

 

Je ne travaille qu’avec notre propre co-création et ne tatoue que des pièces personnalisées et uniques. Votre tatouage vous sera intime : du sur-mesure travaillé en fonction de votre morphologie, de votre personnalité, de l’énergie qui ressortira de nos échanges et de ma sensibilité artistique (parce que c’est pour elle que vous m’aurez choisi parmi tous les autres tatoueurs existants).

Par ailleurs, si je refuse votre projet, ce n’est pas parce que je ne le trouve pas qualitatif, juste parce que celui-ci ne m’inspire pas. Un autre tatoueur sera alors nettement plus à même d’accéder à vos attentes.
Pour les mêmes raisons, je ne dessine pas pour qu’un autre tatoueur vous pique, et je vous demande à tous de ne pas copier mes créations. Merci de respecter mon travail et le lien fort existant entre un motif, reflet de vie et celui qui le porte.

 

Se lancer dans un projet de tatouage demande un gros investissement personnel, émotionnel, parfois financier, il est primordial que votre démarche soit réfléchie et déterminée.

Un tatouage, c’est littéralement un projet dans lequel on se lance à corps perdu...